2011

2011/03/25 Communiqué de Presse

Le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale (CDGM) reçu au ministère de la Santé.

Une délégation du CDGM, composée de femmes et de gynécologues médicales, a été reçue au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé par le Pr Christian Thuillez, représentant le ministre. La délégation a exprimé sa vive inquiétude concernant la pénurie croissante de gynécologues médicaux, qui met en péril la santé des femmes, et particulièrement celle des jeunes filles.

Elle a souligné que la première cause de cette pénurie, et ce qui fait de la gynécologie médicale un cas unique parmi l’ensemble des spécialités, est l’interruption de la formation durant 17 années, jusqu’à ce que l’exceptionnelle mobilisation des femmes avec le CDGM obtienne le rétablissement de la spécialité en 2003.

Ce rétablissement, qui constitue la reconnaissance par les pouvoirs publics du caractère indispensable de la gynécologie médicale, permet que de jeunes internes soient à nouveau formés dans la spécialité (61 ayant obtenu le diplôme depuis 2007). Mais ce rétablissement se trouve gravement compromis, a dit la délégation au représentant du ministre, par le très faible nombre de postes d’internes attribués par année depuis 2003 à la gynécologie médicale (20 d’abord par an, puis 27 en 2010, et maintenant 24), quand il faudrait au contraire que soit compensée la très longue interruption de la formation. Et c’est la deuxième cause de la pénurie.

Car avant la suppression de la spécialité en 1986, 130 gynécologues médicaux étaient formés chaque année.

La délégation a fait également état des chiffres donnés par l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS), faisant apparaître que, pour près de 30 millions de femmes en âge de consulter, les effectifs actuels de gynécologues médicaux ne permettent plus qu’à un quart de ces femmes d’avoir accès à la spécialité.

Et cela alors que, comme l’a montré l’enquête du Dr Dominique Malvy, au moment de la fondation du CDGM, en 1997, 60 % des femmes en âge de consulter étaient suivies.

Telle est la conséquence extrêmement alarmante de la chute continue du nombre des gynécologues médicaux en exercice, ceux qui partent à la retraite ne pouvant actuellement être remplacés. Le représentant du ministre a parlé lui-même de "chiffres qui font peur".

La délégation a alerté le ministère sur le fait que la pénurie de ces médecins spécialistes formés pour le suivi gynécologique des femmes tout au long de leur vie remet en cause tous les progrès acquis concernant la santé des femmes, dont témoignaient récemment encore les bons indices en France, et met leur santé en danger, tout particulièrement celle des jeunes.

Le Pr Christian Thuillez a écouté la délégation avec attention et intérêt, et il s’est engagé à transmettre ce dossier urgent, alors que doivent bientôt être prises les décisions concernant le nombre de postes pour les différentes spécialités.

La délégation a remis au représentant du ministre un court mémoire rassemblant, avec la plaquette rendant compte des Assises de défense de la gynécologie médicale, tous les éléments d’appréciation et les précisions nécessaires.

Il revient maintenant aux pouvoirs publics, et donc au Ministère, de modifier de façon décisive une situation qui concerne la santé de millions de femmes, en donnant un signal fort qui lui imprime un nouveau cours : l’attribution d’un nombre significatif de postes à la gynécologie médicale.

Le CDGM, pour sa part, poursuivra son action pour la défense de la gynécologie médicale et la santé des femmes. Paris, le 25 mars 2011.