2011

2011/11/03-Communiqué de Presse

Le CDGM a pris connaissance du nombre de postes d’internes ouverts en gynécologie médicale pour l’internat 2011-2012.

Six postes supplémentaires, seulement, sont ouverts pour les très nombreux étudiants qui souhaitent se spécialiser en gynécologie médicale. De 24 postes en 2010, le nombre de postes ouverts passe à 30, pour toute la France, en 2011. 30 postes sont naturellement préférables à 24. Pour autant, malheureusement, la situation des femmes ne va pas s’améliorer. Tous les problèmes restent posés.

Année après année, les cabinets de gynécologie médicale ferment, faute de médecins formés dans la spécialité. Les femmes sont ainsi mises dans l’impossibilité de pouvoir continuer à se faire suivre, et les jeunes filles, dans l’impossibilité de trouver une gynéco.

Le CDGM, lorsqu’il a été reçu au ministère en mars dernier, avait insisté auprès du représentant de M. Xavier Bertrand sur l’urgence absolue de prendre des mesures exceptionnelles tenant compte du fait que, pendant 17 ans, en raison de la suppression de la formation de gynécologie médicale en 1986, aucun gynécologue médical n’avait pu être formé. S’en tenant au numerus clausus, le ministère n’a pas pris ces mesures. Il n’a pas donné aux femmes le signal fort que le CDGM lui demandait.

30 postes de spécialistes en formation pour toute la France, cela veut dire 3 postes attribués pour tout le Nord-Est, 1 en Rhône-Alpes, 7 pour toute la région Ile de France...

Le ministère sait parfaitement que les candidats à cette formation sont nombreux. Il sait parfaitement que les possibilités de formation permettraient de créer plus de postes, les universitaires présentes dans la délégation du CDGM lui en ont fourni tous les éléments. Mais il s’appuie sur les propos de Mme Bachelot, selon laquelle « les gynécologues médicaux n’assurent pas à eux seuls le suivi des femmes pour les problèmes gynécologiques, la contraception, la prévention et le dépistage... Les médecins généralistes et les gynécologues obstétriciens assurent également chacun dans leur champ de compétence cette prise en charge ».

Or, si les femmes font pleinement confiance aux médecins généralistes pour la prise en charge, dans leur champ de compétence, des problèmes de santé, et aux gynécologues obstétriciens pour tout ce qui concerne la grossesse, l’accouchement et les interventions chirurgicales, elles savent ce que représente l’existence d’une spécialité MEDICALE distincte et complémentaire.

On assiste ainsi à ce paradoxe que, faute d’un nombre suffisant de postes d’internes en gynécologie médicale, des médecins, formés à la spécialité chirurgicale de gynécologie obstétrique, exercent comme gynécologues médicaux en ville alors qu’ils font cruellement défaut dans les hôpitaux et les cliniques.

A cette situation incompréhensible s’ajoute maintenant, après la loi HPST, la volonté exprimée par les pouvoirs publics que les sages-femmes se substituent aux médecins spécialistes pour le suivi gynécologique. Et cela, malgré les nombreuses objections qui ont été opposées à ce transfert de tâches.

Le CDGM, qui a combattu avec acharnement pour le rétablissement et la pérennisation du diplôme autonome de gynécologie médicale, alerte les pouvoirs publics sur cette dérive qui consiste à renoncer à former les médecins dont les femmes ont besoin pour confier leur santé à des professionnels de santé non formés à la spécialité de gynécologie médicale. Le CDGM, qui tiendra son Assemblée annuelle le 27 novembre prochain, compte bien utiliser les mois qui viennent pour rendre public ce débat sur le caractère indispensable et l’avenir de la gynécologie médicale, spécialité irremplaçable dont dépend la santé de millions de femmes.