2012

2012/03 - Communiqué de Presse, Hommage au Dr Dominique Malvy

Hommage au Dr Dominique Malvy

Il y a dix ans, dans la nuit du 7 mars, disparaissait brutalement le Dr Dominique Malvy, gynécologue médicale. Le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale, dont elle a été la fondatrice en 1997 avec Claude Groussin et le Dr Gisèle Jeanmaire, tient à rappeler à toutes et tous que, s’il y a, aujourd’hui et depuis février 2003, à nouveau des internes formé(e)s dans cette spécialité, c’est à elle qu’on le doit. Et c’est dans la continuité du combat dont elle a pris l’initiative que le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale continue son action pour que le droit de chaque femme à bénéficier des acquis irremplaçables de cette spécialité ne soit pas qu’un mot, mais s’inscrive dans la réalité.

Médecin, Dominique Malvy a compris le danger que la création du médecin référent faisait peser sur l’accès aux soins en particulier pour une spécialité comme la gynécologie médicale, qui repose sur le colloque singulier entre les femmes et le médecin formé pour le suivi gynécologique. Elle s’est tournée, en 1997, vers les femmes, vers les patientes, pour que, avec leurs gynécologues, elles interpellent les pouvoirs publics et s’opposent à l’extinction d’une spécialité indispensable à leur santé, spécialité dont la formation avait été supprimée en 1986.

Le 25 mars 2000, devant les 15 000 manifestants et manifestantes qui portaient au gouvernement les 800 000 pétitions (devenues ensuite plus de 3 millions) demandant la création d’un diplôme autonome de gynécologie médicale et la garantie du libre accès des femmes à leur gynécologue médical, Dominique Malvy affirmait : « Nous nous battons pour le droit à la santé, la liberté de choisir son médecin, le respect de la dignité des femmes, le maintien d’une médecine humaine, personnalisée, de qualité pour toutes et tous. Le combat pour la gynécologie médicale, accessible à toutes les femmes qui le souhaitent, en est un symbole. Alors, si nous n’avons rien obtenu de sérieux d’ici là, rendez‐vous dans un an avec deux millions de signatures. » Engagement tenu.

La force de l’engagement du Dr Dominique Malvy est pour beaucoup dans la volonté de médecins et de femmes de toutes opinions de continuer l’action du CDGM, en restant toujours fidèle aux deux revendications sur lesquelles il a été mandaté : des gynécologues médicaux en nombre suffisant, l’accès libre sans pénalisation. Et l’hommage qui lui a été rendu lors des Assises pour la défense de la Gynécologie Médicale, qui ont vu, le 28 mars 2010, s’exprimer des médecins de toutes spécialités, des responsables du Planning familial, des pionniers de l’action pour les droits des femmes, n’avait rien de protocolaire.

Le combat engagé en 1997 par Dominique Malvy prend une actualité brûlante au moment où, près de 10 ans après la création obtenue du diplôme autonome de gynécologie médicale, l’accès des femmes à cette spécialité est obéré par le refus des pouvoirs publics d’attribuer à la gynécologie médicale le nombre de nominations annuelles d’internes nécessaires au remplacement des médecins qui partent en retraite. Déjà, les effectifs actuels ne permettent plus qu’à un quart des femmes en âge de consulter d’avoir accès à ces spécialistes. L’urgence, et la seule solution, aujourd’hui comme hier, car c’était déjà la conclusion du Dr Malvy après son enquête auprès des femmes, c’est la formation en nombre de jeunes gynécologues médicaux.

Car rien ne saurait remplacer le suivi personnalisé, tout au long de la vie, qu’assurent les médecins spécialistes de gynécologie médicale, suivi librement choisi, qui a permis aux femmes, en France, de bénéficier d’indices de santé parmi les meilleurs au monde : nombre de cancers du col de l’utérus divisé par 4 en 20 ans, taux d’hystérectomies : 6,7%, alors qu’il est de 35 à 45 % chez nos voisins européens, survie après un cancer du sein, l’une des meilleures d’Europe. Un grand danger pèse sur la santé des femmes, celui de voir les magnifiques résultats obtenus par cette spécialité qui a contribué à la qualité de vie et à l’augmentation de l’espérance de vie des femmes remis en cause pour nous, nos filles et nos petites‐filles.

C’est pourquoi le CDGM continue et continuera le combat engagé par Dominique Malvy pour que toutes les femmes puissent consulter un gynécologue médical. Il s’agit d’un combat de civilisation.