2012

2012/03/26_Réponse de Nathalie Arthaud, pour Lutte ouvrière

Mesdames,

Merci de votre message et, bien sûr, de votre combat pour la santé de toutes les femmes au travers de la promotion d’une médecine de qualité pour toutes, dont je ne peux que partager, comme femme et comme militante du droit de tous à l’accès libre et gratuit aux soins dont elle, ou il, a besoin.

Les termes de votre lettre et les chiffres qui soutiennent votre combat sont la démonstration de tout ce dont chacun devrait pouvoir bénéficier, tout naturellement, parce que c’est ce que la science et la médecine offrent au XXIème siècle... et qu’il n’y a donc aucune raison que des femmes et des hommes vivent dans la souffrance parce qu’ils n’y ont pas accès.

Les femmes ont aujourd’hui la possibilité d’échapper à des maladies effroyables par le suivi et la prévention, ou d’y survivre par des traitements dont la réussite dépend d’abord de la précocité du diagnostic et ensuite de l’action de spécialistes en qualité et en nombre suffisants. Le suivi régulier et professionnel permet aussi, comme vous le soulignez, d’éviter qu’on en arrive à des traitements de dernier recours provoquant des mutilations dont l’impact psychologique peut être dévastateur.

Tout cela nécessite des moyens ? J’aurais envie de dire tout simplement : qui oserait ne pas les déployer, lorsque l’on parle ici de la qualité de la vie, et de la vie tout court de la moitié de l’humanité !

Eh bien, pourtant, la politique des gouvernements, d’une couleur ou d’une autre, depuis des décennies est bien loin de répondre à cette nécessité pourtant si éclatante. Pour ces gouvernements, la santé est un coût, pas un droit individuel et collectif comme cela devrait s’imposer à tous.

La perte du maillage médical de notre pays, en gynécologie comme dans la quasi-totalité des domaines de la médecine, générale et de spécialité - et au-delà, des structures hospitalières et de l’ensemble des filières paramédicales - est d’abord la conséquence d’une optique comptable totalement aberrante qui fait du patient un fardeau et des personnels de santé des marges d’ajustement social pour le budget du pays !

Qu’on puisse envisager de faire des économies en retirant aux femmes la possibilité d’un suivi médical convenable paraît tellement énorme qu’on a du mal à l’imaginer. Et pourtant ces économies sont systématiquement recherchées par les gouvernements alors même qu’ils arrosent de sommes considérables les actionnaires des banques et des grosses industries. Tout cela est particulièrement choquant, car les conséquences en sont tout bonnement criminelles.

Pendant cette campagne électorale, je n’aurai malheureusement pas le temps de vous rencontrer, mais je tiens à apporter mon soutien à votre combat pour que les femmes, toutes les femmes, aient accès sans aucune contrainte au suivi médical régulier et aux traitements de qualité, où qu’elles se trouvent et quels que soient leurs moyens. Nous avons toutes en la matière les mêmes besoins humains, qui doivent primer sur ceux des coffres-forts.

Nathalie ARTHAUD