2012

2012/10 - Communiqué de Presse

Communiqué de presse 18 octobre 2012

  • Le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale (CDGM), au lendemain de son entrevue au Ministère de la Santé, le 8 octobre, a réuni son conseil d’administration. La discussion a porté sur le compte rendu de cette entrevue et sur les suites à donner au regard de la gravité de la situation.
  • Car l’urgence est là. Rappelons que, selon les chiffres de l’ONDPS, en 2011 seules un quart des femmes en âge de consulter le pouvaient encore. Et la récente enquête de l’INED et de l’INSERM montre que, chez les 20-24 ans, le suivi gynécologique a diminué, et que le nombre de ces jeunes femmes déclarant ne pas avoir de suivi habituel a presque doublé entre 2000 et 2010. Si des décisions rapides ne sont pas prises, combien seront-elles demain ?
  • La délégation, reçue par M. Djillali Annane, conseiller auprès de Mme Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, lui a exposé l’inquiétude des femmes devant la pénurie de gynécologues médicaux, et l’exigence de mesures propres à enrayer la disparition progressive de ces spécialistes.
  • Nous le constatons, les raisons données par le représentant de la ministre pour justifier la décision de ne pas augmenter le nombre de postes d’internes ouverts en gynécologie médicale ne nous ont pas convaincues. Rappelons que le nombre de 30 postes d’internes seulement pour la gynécologie médicale a simplement été reconduit pour l’année 2012-2013.
  • Aussi le CDGM a-t-il décidé de s’adresser à nouveau à Mme Marisol Touraine pour lui demander une audience afin de s’entretenir directement avec elle et l’éclairer sur cette question qui concerne la santé de millions de femmes.
  • Si le conseiller de la ministre a exprimé son souhait d’une bonne compréhension, il a tenu à préciser qu’à côté de la volonté d’écoute de la ministre, il y a les « réalités pragmatiques ». Il s’agit, selon ses propos, des contraintes de la réglementation dans la procédure de définition du nombre de postes, puisque le ministère collationne les propositions établies, à partir de la reconnaissance des besoins, par les Observatoires régionaux et des Agences Régionales de Santé. S’y ajoute, toujours selon le représentant de la ministre, la question des capacités de formation des internes (terrains de stage en CHU).
  • Répondant à ces explications, la délégation s’est étonnée que les organismes qui définissent le nombre de postes nécessaires aient pu considérer qu’il n’y avait pas de besoins en région. Que, par exemple, en Auvergne, 0,5 gynécologue médical pour 5000 femmes était suffisant, ou 0,8 gynécologue médical en Ile de France pour 5000 femmes (données du Conseil de l’Ordre des médecins) !
  • Et concernant les terrains de stage, la délégation lui a fait part de sa perplexité puisque, en région parisienne, où 10 terrains de stage étaient possibles et avaient été demandés, 6 seulement ont été finalement accordés (contre 7 l’année dernière ! ). Et que d’autre part les représentants du Collège National des Enseignants de Gynécologie Médicale ont transmis au ministère une liste de 40 terrains de stage immédiatement formateurs sur l’ensemble du territoire.
  • Pour le CDGM, la question n’est pas technique. Il s’agit de la santé de millions de femmes, en particulier des jeunes filles. Le CDGM est donc fondé à poser la question suivante : Les pouvoirs publics tiennent-ils à prendre les mesures urgentes nécessaires pour stopper le processus d’extinction de la spécialité de gynécologie médicale ?
  • Les pouvoirs publics doivent être conscients que, sans cette volonté, la santé des femmes va très rapidement et gravement se dégrader, avec la multiplication de cancers non diagnostiqués à temps et de pathologies qui vont se développer.
  • Nous sommes arrivés à un point critique. Les femmes devraient-elles s’habituer à ne plus trouver de gynécologue médical ?
  • Le CDGM a donc décidé de demander à rencontrer personnellement la ministre de la Santé. Il va dès maintenant communiquer à la ministre les témoignages poignants recueillis auprès des femmes. Car les femmes n’acceptent pas cette régression. Et elles ne peuvent attendre : il s’agit de leur santé, de leur vie, et tout particulièrement de celles des jeunes générations.

Contact Presse : cdgm.national@orange.fr