2013

2013/01/13 - Communiqué de Presse

Le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale (CDGM) réunit son assemblée annuelle le 27 janvier 2013.

Cette assemblée va se tenir dans un contexte extrêmement préoccupant pour la santé des femmes. Depuis des années, depuis le rétablissement de la formation à la spécialité de gynécologie médicale avec le diplôme en 2003, le CDGM ne cesse d’alerter les pouvoirs publics, avec le soutien d’élus de toutes opinions politiques, sur les conséquences dramatiques pour la santé des femmes du contingentement du nombre de postes d’internes en gynécologie médicale. S’ajoutant à la suppression de la formation à la spécialité durant 17 années, cela aboutit d’ores et déjà à une impossibilité pour les femmes d’accéder au suivi indispensable à leur santé.

Tous les témoignages, ceux des femmes comme des gynécologues, vont dans le même sens : il y a danger, grand danger, et l’actualité est là, qui le montre, malheureusement, dans les faits.

En reprenant pour cette année le nombre de postes prévu par l’ancien gouvernement (30 et pas un de plus), le gouvernement n’a pas voulu donner le signal que les femmes espéraient.

Le CDGM, quant à lui, ne peut renoncer à l’action qu’il mène depuis toujours pour que toutes les femmes puissent consulter un gynécologue médical.

Il peut d’autant moins renoncer que l’actualité récente vient conforter le bien-fondé de son action.

Des faits graves liés à la prescription des pilules de 3e et 4e génération viennent mettre en lumière toute l’importance pour la santé des femmes de la prescription de contraception.

Ce n’est pas le rôle du CDGM de se prononcer sur les caractéristiques de telle ou telle contraception, mais nous avons pris connaissance avec attention des propos suscités par cette question, et en particulier des déclarations du responsable de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, M. Maraninchi.

« L’hypothèse d’une restriction de la prescription aux spécialistes serait le plus facile réglementairement », a-t-il indiqué, selon le « le Quotidien du Médecin ». Cette hypothèse est frappée du sceau du bon sens. Une pilule contraceptive n’est pas un produit standard. Sa prescription, nécessitant, entre autres, analyse des antécédents et suivi, doit s’appuyer non seulement sur les connaissances médicales générales et spécialisées du praticien prescripteur, mais aussi sur l’entretien singulier avec sa patiente, ce qui, concernant le suivi gynécologique, est au cœur de la pratique des gynécologues médicaux.

Et M. Maraninchi de poursuivre, après avoir envisagé cette hypothèse : « Mais ce ne serait pas souhaitable. » Pourquoi ? Parce qu’ « il n’y a pas assez de gynécologues », explique-t-il.

Nous sommes au cœur du problème.

Car la santé des femmes nécessite que le suivi gynécologique continue de pouvoir être assuré par des spécialistes formés à cet effet.

C’est pour cela que la formation à la spécialité, avec le diplôme, a été rétablie, en réponse à la mobilisation des femmes et des gynécologues médicaux avec le CDGM (plus de 3 millions de signatures sur sa pétition).

Et c’est ce qui est remis en cause par l’entêtement des pouvoirs publics, qui laissent la situation se détériorer, en ne formant, depuis le rétablissement de la spécialité en 2003, qu’un nombre très insuffisant de gynécologues médicaux.

Le CDGM, qui regrette que la ministre de la Santé, Mme Touraine, n’ait pas jugé utile de recevoir elle même ses co-présidentes, va consacrer son assemblée annuelle à la discussion des moyens à mettre en œuvre pour poursuivre et intensifier son action pour la défense de la santé des femmes.