2013

2013/02/27 - Communiqué de Presse

Le 14 février dernier, au Sénat, Mme Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, était appelée à répondre lors d’une séance de questions « cribles » sur la gynécologie médicale. C’est avec conviction que des sénatrices et des sénateurs appartenant à tous les groupes politiques ont pris la parole l’un après l’autre pour souligner le manque de gynécologues médicaux, indispensables à la santé des femmes, et interroger la ministre sur les mesures qu’elle comptait prendre pour assurer leur renouvellement.

Répondant aux parlementaires, la Ministre a déclaré : « La santé des femmes est une question qui concerne la moitié de la population française ! On ne peut donc considérer qu’il s’agisse d’un enjeu mineur pour notre système de santé. »

Reconnaissant que « les femmes françaises sont particulièrement attachées à la gynécologie médicale : 93 % d’entre elles souhaitent pouvoir consulter un médecin formé dans cette spécialité qui renvoie à l’intime », elle a précisé : « Je tiens à exprimer devant vous ma volonté de faire en sorte qu’elles puissent accéder, lorsqu’elles le souhaitent, à un gynécologue médical. »

Le CDGM entend les déclarations de la ministre de la Santé reconnaissant l’importance de la gynécologie médicale et l’attachement des femmes à cette spécialité.

La Ministre a ensuite fait un constat : « 78 % des gynécologues médicaux ont plus de 55 ans, contre 42 % seulement des autres spécialistes. Cette situation recouvre un enjeu important pour les années à venir. Elle s’explique par l’arrêt de la formation de gynécologues médicaux entre 1984 et 2003. »

Et elle a ajouté que la « liberté de choix » des femmes était « menacée par la baisse du nombre de gynécologues médicaux : un nombre croissant de femmes désireuses de consulter un gynécologue médical n’en avaient de facto plus la possibilité. »

Ce constat accablant est bien celui qu’impose la situation. A lui seul, il devait amener la ministre à la conviction qu’il est temps, plus que temps, après les 30 postes qui avaient été attribués à la gynécologie médicale en 2011 et 30 en 2012, de prendre les mesures fortes indispensables concernant le nombre de postes d’internes. Or ce n’est pas ce que la ministre a annoncé.

Les 35 postes annoncés pour 2013 ne suffisent pas, et de loin, au maintien d’effectifs déjà très insuffisants pour les femmes, et ils restent très inférieurs aux capacités immédiates de formation des gynécologues médicaux recensées par les universitaires s’occupant de la formation des internes.

La Ministre s’est dite « attachée à ce que soit garantie la possibilité, pour les femmes, d’accéder à un gynécologue médical partout sur le territoire ». Alors que la densité de gynécologues médicaux varie, suivant les régions, entre 2,2 et 13,9 pour 100 000 femmes en âge de consulter, alors que les délais d’attente avant une consultation vont parfois jusqu’à 8 mois, alors que les jeunes filles ont les plus grandes difficultés à être prises en charge, comment, avec 35 postes cette année et une prévision de 45 pour 2016, la possibilité pour les femmes de consulter un gynécologue médical partout sur le territoire pourrait-elle être garantie ?

Nul ne peut ignorer que si n’est prise aucune décision réelle d’augmenter significativement le nombre d’internes en formation en gynécologie médicale, la situation continuera à se dégrader, de manière irréversible.

Le CDGM alerte à nouveau sur la gravité de la situation et sur l’urgence à ce que les pouvoirs publics prennent les mesures réelles nécessaires pour enrayer la chute des effectifs de ces spécialistes indispensables à la santé des femmes. Car ce qui est en cause, c’est la santé de millions de femmes, de millions de jeunes filles.

cdgm.national@orange.fr