2013

2013/04/29 - Nouvelle lettre à Mme Marisol Touraine

Paris, le 29 avril 2013

Madame la Ministre,

La mise en œuvre, depuis le 1er avril 2013, des dispositions de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2013, concernant la délivrance gratuite de la pilule contraceptive pour les mineures, nous conduit à vous alerter à nouveau quant à la situation de la spécialité de Gynécologie médicale.

Le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale (CDGM) souhaite rappeler que, depuis 1974, les jeunes filles ont la possibilité de consulter gratuitement et anonymement dans les centres du Planning Familial, où un médecin est en mesure de répondre à leur attente, et ainsi de se faire délivrer gratuitement les pilules contraceptives. Reste que l’accès au Planning Familial est devenu maintenant extrêmement difficile.

Le véritable problème, c’est bien la possibilité, pour les jeunes filles, d’être prises en charge, pour la première consultation comme pour les suivantes, par des médecins formés à cet effet. Et c’est cette possibilité qui leur est refusée aujourd’hui en raison du nombre gravement insuffisant de gynécologues médicaux.

Tous les témoignages recueillis par le CDGM auprès des femmes comme des gynécologues démontrent que la prise de rendez-vous chez un gynécologue relève, vous le savez vous-même, du parcours du combattant et conduit des femmes et des jeunes filles, lorsque déjà elles parviennent à obtenir un rendez-vous, à devoir faire des dizaines de kilomètres et/ou à attendre des mois, quand elles ne sont pas finalement contraintes à renoncer.

C’est tellement vrai que, rendant publiques les dispositions qui sont entrées en vigueur le 1er avril, la presse a indiqué que les jeunes filles devaient consulter un médecin généraliste. La Haute Autorité de Santé, pour sa part, ne mentionne nullement le gynécologue médical. Le CDGM rappelle que le travail si précieux des généralistes ne peut absolument pas remplacer, en matière de contraception comme de suivi gynécologique, le gynécologue médical. L’accès à un gynécologue médical pour la première consultation de gynécologie, du fait de l’importance qu’elle revêt dans la vie d’une femme, n’est pas seulement une question de santé publique, mais aussi une question de société.

Vous avez d’ailleurs vous-même, Madame la Ministre, répondant aux questions de sénateurs de toute sensibilité le 14 février dernier, souligné la spécificité et l’importance de la gynécologie médicale, et exprimé votre « volonté », vous disant « attachée à ce que soit garantie la possibilité pour les femmes d’accéder à un gynécologue médical partout sur le territoire ».

Que dire à nos filles et à nos petites-filles qui ne trouvent plus, aujourd’hui, dans nos régions, de cabinet de gynécologue médical ouvert pour prendre un rendez vous ?

A ne pas augmenter de manière significative le nombre de postes en gynécologie médicale, vous prendriez, Madame la Ministre, une lourde responsabilité.

Souhaitant pouvoir nous entretenir directement avec vous de cette question qui concerne toutes les femmes de ce pays, nous tenons à réitérer notre demande d’audience.

En vous remerciant à l’avance pour votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Pour le CDGM, les coprésidentes