2014

2014/11/28 - Communiqué de presse du CDGM (projet de loi Santé)

Communiqué de presse

Le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale (CDGM) a consacré une partie de la discussion de son Conseil d’Administration réuni le 2 novembre 2014 à étudier le projet de loi concernant la santé présenté par la ministre Marisol Touraine et ses conséquences pour la santé des femmes.

Créé par des gynécologues et des femmes, le CDGM poursuit, depuis 1997, son action pour la défense d’une spécialité médicale vitale pour la santé des femmes.

Le rétablissement de l’enseignement autonome de la gynécologie médicale en 2003, grâce à la mobilisation des femmes, a stoppé la disparition de cette spécialité, responsable de progrès importants en particulier dans la prévention des cancers. Malheureusement le trop faible nombre de postes ouverts à l’examen classant national ne permet pas le remplacement des gynécologues qui partent en retraite. Si le nombre de postes a augmenté ces deux dernières années, grâce à l’action continue du Comité, appuyé sur les femmes, et au soutien de nombreux parlementaires, il ne suffit cependant pas à rétablir la situation créée par la suppression de toute formation pendant 17 ans.

Régulièrement, une première fois en 2010 et cette année, le CDGM interroge les femmes sur l’état de l’accès à la gynécologie médicale, car leur témoignage reflète une réalité que les seules statistiques ne peuvent restituer dans son intensité.

Interrogées, près d’un tiers des femmes indiquent qu’il n’y a plus de gynécologue dans leur ville. Elles étaient un quart en 2010. Près de 5% des femmes interrogées doivent faire plus de 50 km pour consulter. 70% des femmes interrogées indiquent que le délai avant rendez-vous a encore augmenté. 64% seulement obtiennent un rendez-vous en moins de 2 mois. Le nombre de celles qui consultent tous les 6 mois a diminué. De nombreuses jeunes filles, jeunes femmes sont en train de renoncer au suivi gynécologique par des médecins spécialistes formés pour cela.

Le CDGM a pris connaissance du projet de loi Santé. Ce projet, présenté comme améliorant l’accès aux soins, apporte-t-il une réponse à notre inquiétude ? Ouvre-t-il un espoir dans cette situation qui s’aggrave d’année en année ?

Présentant, le 15 octobre, son projet, Mme Touraine a insisté sur « la nécessité d’actionner tous les outils de la coordination des parcours de santé, autour des soins de proximité et de premier recours ». Que sont les soins de premier recours ? Qui sont les acteurs des soins de premier recours ? Le projet de loi répond que ce sont « notamment les médecins généralistes et spécialistes de ville, les professionnels libéraux paramédicaux ». Le projet de loi a pour but, dans ce cadre, l’« extension des compétences de certains professionnels de santé. Le projet de loi fera évoluer le rôle et la place des sages-femmes. Elle leur permettra de réaliser des IVG médicamenteuses, ce qui correspond à l’engagement de faciliter l’accès des femmes à l’IVG sur l’ensemble du territoire ».

Le CDGM a toujours refusé la politique visant à opposer entre eux les professionnels de santé. Il a toujours considéré que les femmes avaient besoin des gynécologues médicaux et des sages-femmes, chacun dans leur champ d’exercice.

Le CDGM demande à Mme Touraine de bien vouloir indiquer clairement son but : s’agit-il d’augmenter le nombre de médecins et de professionnels libéraux pour améliorer l’accès aux soins ? ou s’agit-il de suppléer à l’insuffisance du nombre de médecins en faisant faire leur travail par des professionnels de santé non médecins ?

La situation présente appelle, comme réponse urgente, l’augmentation du nombre de postes de gynécologues médicaux, seule garantie du libre accès et du libre choix pour les femmes du médecin chargé du suivi gynécologique. Ce sont des questions vitales et le CDGM entend les rappeler tout au long de la discussion de ce projet de loi.



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