Documents 2017

Lettre du CDGM aux candidats à l’élection présidentielle 2017.

Lettre aux candidats à l’élection présidentielle.

Paris, le 26 mars 2017

Madame, Monsieur,

Comité de Défense de la Gynécologie Médicale (CDGM), nous nous adressons à vous en tant que candidat(e) à la présidence de la République. Nous souhaitons appeler votre attention sur la situation de pénurie dans laquelle se trouve la spécialité de Gynécologie médicale, et sur ses conséquences directes pour la santé des femmes, soit pour plus de la moitié de la population de ce pays.

Notre Comité a été fondé en 1997, par la volonté de gynécologues et de femmes qui ont considéré que la disparition de la spécialité, supprimée du cursus universitaire en 1987, faisait courir un grave danger à la santé des femmes. Par leur mobilisation, 3 millions de signatures sur la pétition et 3 manifestations à Paris, les femmes ont obtenu, en 2003, le rétablissement de la spécialité avec le Diplôme d’études spécialisées de gynécologie médicale, et, en 2005, l’accès direct spécifique à leur médecin gynécologue.

Le CDGM vient de lancer un questionnaire en direction des femmes afin que celles-ci nous apportent leurs témoignages sur ce qu’il en est aujourd’hui de leur accès à cette spécialité médicale indispensable à leur santé.

Avec déjà 3500 réponses à nos questions, les très nombreux témoignages expriment, avec une force remarquable, l’angoisse des femmes devant la situation créée par l’insuffisance du nombre de gynécologues médicaux et leur colère devant l’aggravation de la situation au fur et à mesure des départs en retraite.

En dépit du rétablissement de la spécialité et de l’augmentation obtenue depuis 2013 du nombre de postes d’internes, les femmes voient leur accès au gynécologue médical remis en cause.

Au 1er janvier 2016, on comptait 1212 gynécologues médicaux en exercice (dont 761 ont plus de 60 ans), soit une densité de 3,5 pour 100 000 femmes. Quatre départements n’en comptent plus aucun, treize n’en ont plus qu’un seul, et les variations entre 2007 et 2016 indiquent une chute parfois brutale, jusqu’à - 67% dans certains départements (chiffres de l’Atlas démographique du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM)).

Cette pénurie ne peut qu’avoir des conséquences graves sur la santé des femmes : absence de suivi, en particulier pour les jeunes filles, attente de plus en plus longue avant un rendez-vous, avec retard de diagnostic... Et cela ne peut que remettre en cause les bons indices de santé des femmes en France : Taux d’hystérectomies : moins de 7% (contre 20 à 40% en Europe et aux USA). Une des meilleures survies après cancer du sein. Nombre de cancers du col de l’utérus divisé par 4 en 20 ans.

Aussi le remplacement des gynécologues médicaux qui partent à la retraite est-il à l’évidence une question de santé publique.

Madame la Candidate, Monsieur le Candidat, nous vous avons exposé brièvement la situation. Nous souhaitons vous rencontrer et connaître votre position.

-  Partagez-vous la conviction des femmes que, pour assurer le suivi gynécologique, il faut les médecins spécialistes que sont les gynécologues médicaux ? Et pour cela qu’il faut maintenir et promouvoir cette spécialité avec son Diplôme d’études spécialisées et assurer un nombre suffisant de nominations d’internes en gynécologie médicale à l’Examen Classant National (ECN) ?

-  Que proposez-vous pour que les femmes puissent continuer à bénéficier du suivi gynécologique qui leur est indispensable ?

-  Quelle est votre position concernant l’accès direct au gynécologue, si important pour la santé des femmes et auquel elles sont très attachées ?

Nous aurons soin de faire connaître largement votre réponse.

Mais dès maintenant, nous souhaitons pour notre part vous rencontrer, afin de vous présenter de vive voix ce dossier. Car ce qui est en jeu, vous l’avez compris, c’est la santé, la vie, de millions de femmes. Autant dire que c’est aujourd’hui une alarmante question de santé publique.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de trouver ici, Madame la Candidate, Monsieur le Candidat, l’expression de notre attachement à la santé des femmes.

Pour le CDGM, les coprésidentes.