Documents 2017

2017/11/18 Déclaration lue pour les 20 ans du CDGM

Le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale a 20 ans !

Plus que jamais il continue son combat.

Déclaration lue à l’issue de la Journée du 18 novembre 2017 au Palais du Luxembourg

Il y a 20 ans,

le Dr Dominique Malvy, gynécologue à Albi, lançait un cri d’alarme et « informait le ministère et les femmes de la disparition de la gynécologie médicale, du gâchis et du danger que cela risquait d’entraîner » (Discours du 25 mars 2000).

Disparition de la gynécologie médicale,
-   parce qu’il n’y avait plus de formation de gynécologues médicaux depuis 1987 ;
-  parce que la création du « médecin référent » faisait obstacle à la liberté de choix des femmes.

Ce cri d’alarme, relayé par un groupe de femmes d’Albi avec Claude Groussin, et par le Dr Gisèle Jeanmaire, a suscité une mobilisation formidable.

Des comités se sont constitués, des milliers de femmes ont fait signer par centaines de milliers la pétition.

Des médecins et leurs syndicats se sont mobilisés.

Des élus, des parlementaires se sont mobilisés.

Des personnalités se sont mobilisées.

Ce 18 novembre 2017, au Palais du Luxembourg, celles et ceux qui ont participé à cette mobilisation, celles et ceux qui les ont rejoints, ont regardé le chemin parcouru et ont pris un engagement pour l’avenir.

Ils ont mesuré, en écoutant les femmes, les médecins, les universitaires, les internes en gynécologie médicale, les parlementaires, qui ont pris la parole, ce que la mobilisation commencée en 1997 et poursuivie sans relâche, dans la fidélité aux décisions prises, avait permis d’obtenir :
-   la création du diplôme autonome de gynécologie médicale, garantie de la pérennité de la spécialité ;
-   la formation de nouveaux gynécologues, qui exercent en ville, à l’hôpital ou en centre de santé ;
-   la reconnaissance, à travers l’accès spécifique, du droit des femmes de consulter le gynécologue médical sans passer par le médecin traitant, et sans pénalisation financière ;

Toutes choses dont notre assemblée a considéré qu’il n’était pas question qu’elles soient remises en cause.

Et en écoutant les femmes :

Affirmer leur attachement à la gynécologie médicale, spécialité qui est la leur, et qui touche à leur intimité ; un attachement fondé sur la confiance en ces médecins spécialistes, spécifiquement formés pour assurer leur suivi à tous les stades de leur vie de femme, et donc indispensables à leur santé ;

En écoutant les femmes dire que l’accès à la gynécologie médicale, spécialité qui a accompagné leur émancipation, est pour elles « un droit inaliénable » et « doit être accessible à chacune » ;

En écoutant les médecins gynécologues :

Témoigner de ce temps privilégié qu’est la consultation de gynécologie médicale ; et du dialogue qui s’instaure dans une relation de confiance avec chaque femme ;

Parler de leur formation en gynécologie médicale, rigoureuse, spécifique, qui leur permet d’exercer le métier pour lequel ils sont compétents : se soucier de la santé de la femme tout au long de sa vie ;

En les écoutant se faire le relais de la détresse de milliers de femmes quand un cabinet de gynécologie médicale ferme, lors d’un départ à la retraite, et qu’il n’y a pas de remplaçant ;

En écoutant, atterrés, une gynécologue médicale urgentiste rapporter les situations dramatiques vécues par des femmes faute d’avoir pu consulter à temps un gynécologue médical, "des choses qui ne devraient plus se voir au XXIe siècle..." ;

Tous ceux qui étaient là ont mesuré le danger extrême que font peser sur la santé des femmes
-  la tentative de justifier la diminution du nombre de gynécologues médicaux en exercice, en prétendant que les femmes n’auraient pas besoin de médecins formés spécialement pour leur suivi gynécologique ;
-  les politiques de remise en cause de l’accès aux soins et les réductions budgétaires. Ainsi la forte diminution, cette année, du nombre de postes ouverts pour la formation de nouveaux gynécologues médicaux ;

Et les parlementaires, pour leur part, rappelant l’action qui a été la leur, ont tenu à réaffirmer le caractère essentiel de la gynécologie médicale pour la santé des femmes, en même temps que leur soutien au combat du CDGM.

Ainsi toutes celles et tous ceux que nous avons entendus, ce 18 novembre, dans cette situation marquée par la remise en cause de nombre d’acquis, ont exprimé leur conviction qu’il n’est pas possible d’abandonner l’exigence que comme nous-mêmes nos filles et nos petites-filles puissent bénéficier de ce que les générations de l’après-guerre ont obtenu pour la santé des femmes.

C’est une question de civilisation.

C’est une question de démocratie.

Et de même que c’est l’attachement des femmes à la gynécologie médicale qui, en obtenant le rétablissement d’une spécialité supprimée au mépris de leur santé, a permis d’inverser le cours des choses,

C’est l’attachement des femmes à la gynécologie médicale qui nous dicte de poursuivre l’action du Comité de défense de la gynécologie médicale.

C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, nous continuons.