Documents 2018

2018/03/08. Lettre à Madame Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

Paris, le 8 mars 2018

Madame la Ministre,

Le Comité de Défense de la Gynécologie médicale vient de marquer ses vingt années d’action pour la santé des femmes en rassemblant des femmes, des gynécologues médicaux - accompagnés d’élus de toute sensibilité - qui depuis sa création œuvrent avec continuité pour que les femmes puissent avoir accès à la gynécologie médicale. Spécialité si importante pour elles que leur mobilisation a permis son rétablissement, obtenu, vous le savez, en 2003. La grande inquiétude des femmes aujourd’hui a été au cœur des témoignages, et nous nous en faisons l’écho ici.

Les femmes ne cessent de témoigner, nombreuses, et notamment lors de notre récente enquête, leur profond attachement à leurs gynécologues médicaux. Témoignages qui ne correspondent pas du tout aux propos massivement relayés un temps par les médias. Les femmes savent ce qu’elles doivent à leurs gynécologues médicaux : une meilleure santé, grâce à leur compétence spécifique et à une prise en charge personnalisée tout au long de la vie, permettant la prévention, le diagnostic et les soins. Des témoignages qui nous arrivent tous les jours.

C’est pourquoi la pénurie croissante de gynécologues médicaux, et cela dans tous les départements, est si inquiétante : 6 départements n’ont plus maintenant aucun gynécologue médical (déjà 4 l’année dernière), 16 n’en ont plus qu’un seul (13 l’année dernière).

Les conséquences sont déjà là. Ruptures de suivi. Diagnostics retardés. Femmes arrivant à l’hôpital dans des états critiques qu’on ne voyait plus depuis longtemps aux urgences. (Voir les témoignages accompagnant ces lignes.)

Et nous sommes particulièrement inquiètes pour les jeunes filles, qui, de plus en plus, n’ont aucun accès à cette spécialité qui a permis à nos générations d’avoir les meilleurs indices de santé et de survie après cancers gynécologiques. Inquiétude renforcée par l’augmentation des IST et des grossesses non désirées chez les jeunes.

Au vu de cette régression, dont les conséquences n’ont cessé de s’alourdir ces dernières années et qu’aucune femme ne saurait accepter, nous pensons que comme ministre de la Santé aujourd’hui, en charge de la santé de ce pays, et donc de celle des femmes, vous êtes en situation de prendre les mesures d’urgence nécessaires concernant le nombre de postes d’internes ouverts pour la formation de nouveaux gynécologues médicaux en tenant compte de la gravité de ce que vivent les femmes.

Aussi venons-nous vous demander à nouveau de nous recevoir, afin que nous puissions vous exposer concrètement les difficultés dans lesquelles se trouvent les femmes et connaître vos intentions.

Nous voudrions vous faire entendre la voix des femmes.

Dans l’attente d’une réponse favorable de votre part, que nous aurons soin de faire connaître, nous vous prions de trouver ici, Madame la Ministre, avec nos remerciements pour votre attention, l’expression de notre attachement à la santé des femmes.

Pour le CDGM, les coprésidentes.



Dans la même rubrique...