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2008/10/23 - DÉPÊCHE DE L’AFP

PARIS, 23 oct 2008 (AFP)

Les gynécologues médicales jugent leur spécialité "en grave danger"

Le comité de défense de la gynécologie médicale a jugé jeudi que cette spécialité était en "grave danger", déplorant des promesses non tenues par le gouvernement en termes de formation et redoutant une remise en cause de l’accès direct des patientes à leur gynécologue.

A côté de la gynéco-obstétrique (chirurgie, accouchement), la gynécologie médicale prend en charge tous les problèmes gynécologiques médicaux des femmes, des traitements hormonaux aux questions de sexualité, en passant par la prévention et le dépistage des cancers.

"Nous courons aujourd’hui un grave danger", a alerté l’une des responsables du comité, Marie Stagliano, lors d’une conférence de presse dans l’enceinte du Sénat, en présence d’élues.

Les gynécologues médicales reprochent notamment au gouvernement de n’avoir pas augmenté le nombre de postes d’internat fixé en gynécologie médicale, qui "stagne à 20 postes par an depuis cinq ans".

"En avril 2007, le candidat Sarkozy nous avait promis la mise en place d’une vraie filière universitaire et en novembre le ministère de la Santé nous a dit que 60 postes d’internes seraient prévus cette année, mais ces promesses n’ont pas été tenues", a indiqué Gisèle Jeanmaire, une gynécologue membre du comité.

"A ce rythme, il ne restera plus que 600 gynécologues médicales en 2015 pour 30 millions de femmes en âge de consulter", a estimé Mme Stagliano, alors que 130 étaient formées chaque année au début des années 1980.

"La gynécologie médicale a accompagné l’émancipation des femmes en France, sa disparition serait une vraie régression sociale", a ajouté Mme Jeanmaire.

Le comité de défense a notamment mis en avant les "bons indices de santé" des femmes en France obtenus notamment grâce aux dépistages et à la prévention dont se chargent les gynécologues médicales.

Par ailleurs, les gynécologues médicales craignent que le projet de loi sur la santé, présenté mercredi par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, ne conduise à une remise en cause de l’accès direct des patientes à leur gynécologue et qu’elles doivent passer par leur médecin traitant.

Interrogé par l’AFP, le ministère de la Santé a cependant assuré qu’"il n’y a aucune remise en cause de l’accès direct".

AFP

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