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2008/10/27 - article sur ’’e-sante.fr’’

Les gynécologues vont disparaître !

article sur ’’e-sante.fr’’

Isabelle Eustache 27/10/2008

Alerte, les femmes n’auront bientôt plus de gynécologues !

La perte de cet acquis peut mettre en danger la santé de beaucoup d’entre elles. Outre les baisses d’effectifs, l’accès direct au gynécologue est remis en cause.

-* La fin des gynécos ? Tout a commencé en 1986 avec la suppression de la formation en gynécologie médicale à la Faculté (elle avait été créée en 1960). Ce n’est qu’en 2003 qu’un diplôme de gynécologie médicale est à nouveau créé, grâce à l’intervention acharnée des femmes et du Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM). Malgré l’absence de formation de gynécologues entre 1987 et 2003, on pouvait espérer un nouvel essor de cette spécialité. Hélas, seuls 20 postes d’internat sont créés chaque année, alors qu’il en faudrait 130 pour un simple renouvellement des gynécologues actuellement en poste.

-* Mort annoncée d’une profession médicale Aujourd’hui, les gynécologues qui partent en retraite ne sont donc plus remplacés. Les cabinets ferment et ceux qui subsistent sont surchargés. Ils ne peuvent plus assurer le suivi de nouvelles patientes (les jeunes femmes), tandis que les délais d’attente pour un rendez-vous se comptent déjà en mois dans certaines villes (parfois 6 à 8 mois !)... Concrètement, « d’ici 2 ans, en 2010, il ne restera que 1.000 gynécos pour 20 millions de femmes, et si rien n’est fait, 600 gynécos en 2015, 180 en 2020 ! ».

-* La gynécologie correspond à un besoin légitime Pourtant, le suivi gynécologique est indispensable tout au long de la vie d’une femme : contraception, éducation, maladies sexuellement transmissibles dont le sida, sexualité, IVG, fertilité, grossesses extra-utérines, problèmes gynécologiques, cancers génitaux et mammaires, traitements hormonaux... Et la gynécologie est une discipline très performante en France en matière de prévention, de dépistage et de suivi des cancers du sein, du col de l’utérus et de l’hystérectomie notamment.

-* Le spectre d’une nouvelle loi Dans le cadre d’une nouvelle organisation de l’offre de soins, le projet de loi Bachelot pourrait accélérer la mort de la gynécologie médicale, en plaçant officiellement le médecin traitant devant le gynécologue pour les « soins de premier secours ». Autrement dit, le gynécologue serait réservé à des niveaux de soins très spécialisés, tandis que le généraliste aurait à faire face seul pour délivrer la pilule ou le traitement hormonal substitutif de la ménopause, dépister précocement les cancers du col et du sein, informer sur les autres méthodes de contraception, éduquer à la prévention, détecter les MST, voire dépister les violences sexuelles ou les mutilations, etc. Un vaste programme pour des professionnels de santé déjà bien occupés... Cette loi signifiera également la fin de l’accès direct au gynécologue...

Le Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM) appelle à la mobilisation des femmes et dans un premier temps à signer une pétition pour inciter les pouvoirs publics à apporter des réponses aux nombreuses sollicitations jusque-là infructueuses. Pour signer la pétition : www.cdgm.org

Pour en savoir plus Conférence de presse du Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM) : www.cdgm.org

Gynécologie + santé sexuelle