Enquêtes et Témoignages

2008/12/02_Témoignages

Gynécologie médicale, délais d’attente, remboursements, accès spécifique, médecin traitant... ce qu’en disent les femmes

(premières réponses au questionnaire CDGM)


« II est indispensable de conserver une gynécologie médicale. »
« II faut conserver les gynécologues médicaux, dont la spécialité est indispensable pour les femmes de tous âges. »
« Un généraliste, c’est bien en dépannage, mais rien ne vaut une vraie gynéco ! »
« Pour nous les femmes, un gynécologue est bien plus approprié qu’un médecin traitant pour nos suivis et surtout en cas de problème, le gynéco sait exactement diagnostiquer et prescrire le bon traitement contrairement au médecin traitant avec qui on doit essayer 2 voire 3 traitements avant que ça marche /...Et pour les traitements de fond, c’est même pas la peine d’y penser. Le gynécologue est un spécialiste, et il en faut ! »
« Je ne sais pas comment je ferais sans ma gynécologue, une professionnelle qui me suit depuis plusieurs années. A 42 ans, je n’aurai plus d’enfants, mais grâce à elle, je me sens en sécurité, notamment en matière de prévention (cancer du sein, de l’utérus, etc.) »
« C’est une honte de supprimer le métier de gynécologue. On ne peut certainement pas voir le médecin traitant pour les examens vaginaux, il y a des limites à la pudeur que ces messieurs du Gouvernement n’imaginent apparemment pas ! On n’a qu’à demander aux médecins traitants de suivre leurs problèmes de prostate... »
« Je suis suivie depuis 30 ans par la même GM qui suit aussi ma fille. »
« Dans notre famille, nous allons toutes chez la même gynécologue et c’est très important. »
« Vu le nombre de gynécologues médicaux, en diminution, où vont aller les femmes pour une simple consultation de gynécologie ? »
« Je suis inquiète de voir le nombre de gynécologues baisser, les délais d’attentes pour obtenir un rendez-vous s’allonger, et surtout de voir le peu de médecins motivés pour effectuer des FVG. De plus en plus de discours prônent un retour à la criminalisation de l’IVG ce qui serait particulièrement grave. Et plus inquiétant, beaucoup de jeunes femmes n’ont pas la conscience de ce qu’a permis la législation de l’avortement. Ce qui fait qu’elles n’ont pas à cœur la défense de ce, droit. »
« J’ai déménagé en septembre 2005. J’ai beaucoup de difficultés pour trouver un médecin traitant dans mon quartier du 7 me arrondissement à Lyon. Ils sont surchargés et mes remboursements ne sont pas corrects. J’ai même changé de médecin traitant en ayant rempli une attestation de changement. Je l’ai transmise le jour même de ma consultation à la sécurité sociale et malgré cela je n’ai pas été remboursée intégralement. Il m’est encore plus difficile de trouver un gynécologue traitant. Les conventionnés (tarifs de la Sécurité sociale) sont peu nombreux à Lyon et il faut attendre 3 mois pour avoir un rendez-vous. De ce fait, je ne consulte plus malgré mes douleurs constantes aux seins. »
« Dans ma banlieue (nord ouest parisien), le manque de gynécologues entraîne des heures d’attente avant les RDV. En effet, entre les RDV ordinaires ne cessent de s’intercaler les urgences (et dans le domaine gynécologique, il y en a beaucoup). Les femmes qui travaillent sont obligées de prendre une demi-journée de congé et souvent plus pour une demi-heure maxi de consultation. »
« J’habite Plouézec, une petite commune des Côtes d’Armor, où il n’y a pas de gynécologue. Je vais donc à Paimpol environ 8000 hab., à 8 km de chez moi. n n’y a que 2 gynécologues là-bas d’où un temps relativement long pour avoir un rendez-vous. De plus ma gynécologue est surchargée ! Je lui tire mon chapeau car elle n’a pas un emploi du temps très léger ! »
« Une jeune fille est allée consulter un gynécologue pour se faire prescrire la pilule. Elle n’a même pas été auscultée ! Les médecins sont tellement surchargés qu’ils ne prennent plus le temps de faire une consultation correcte. Cette autre dame va depuis longtemps chez un gynécologue obstétricien. Elle a constaté que contrairement à auparavant, il n’y a plus que des femmes enceintes dans sa salle d’attente. Ce qui veut dire que les gynécologues obstétriciens surchargés, ne s’occupent pratiquement plus que des grossesses. Vu le nombre de gynécologues médicaux en diminution, où vont aller les femmes pour une simple consultation de gynécologie ? »
« Mon médecin gynécologue va partir à la retraite et ne sera pas remplacée. Je serai obligée d’aller consulter à l’hôpital (25km). Je ne suis pas contre les consultations à l’hôpital mais je serai quand même un peu plus anonyme ! »
« Je souhaite témoigner ayant été obligée de recourir à une assistance médicalisée pour avoir un enfant. Les délais pour avoir des RDV sont très longs et c’est le vrai parcours du combattant. Il est très regrettable de voir que malgré les évolutions médicales, on n ’aide pas plus cette profession, n y a de moins en moins de gynécologues et ils en de plus en plus de mal à assurer leur travail correctement. On vous demande par exemple d’être à 8 heures précises à un RDV pour pratiquer une insémination artificielle et ce n’est qu’en fin de matinée que l’on vous prend faute de temps ! »
« L’état de la gynécologie médicale devient désastreuse, et particulièrement en milieu urbain dense comme à Paris. J’apporte un témoignage sur une situation démente et complètement paradoxale au moment où la lutte contre le cancer et la prévention font la une des journaux quotidiens.J’ai été suivie pendant 15 ans par la même GM. Depuis 5 ans les délais de RDV n’ont fait que s’allonger de façon invraisemblable puisqu’on arrivait à prendre RDV d’une année sur l’autre...Lorsqu’elle a pris sa retraite l’an passé et m’a recommandé quelques collègues, obtenir un RDV est devenu impossible. Il m’a fallu plus d’un an et une sacrée dose d’obstination pour y parvenu-...C’était hier, vous voyez mon témoignage est d’actualité ! Selon cette GM, la situation empire de jour en jour et va devenir ingérable pour 10 ans au moins. J’ai deux filles adolescentes et je suis très inquiète pour la qualité du suivi gynécologique dont elles vont pouvoir bénéficier. Pour être bien suivie il faut être bien accueillie...et c’est loin d’être le cas quand bien même les médecins font ce qu’ils peuvent... »
« Je croyais que comme pour d’autres spécialistes, comme pour le dentiste, on n ’avait pas besoin de passer par un généraliste ? »
« Passer par le médecin traitant pour tout c’est vraiment une perte de temps et cela coûte encore cher à la sécu. C’est nous prendre tous pour des imbéciles et nous infantiliser ; bientôt ce sera la dictature. C’ est aussi laisser croire que les médecins ne sont pas sérieux et qu’il faut fliquer tout le monde et c’est grave. »
« J’ai besoin d’être suivie suite à un problème de gynéco, régulièrement. Je viens de prendre RDV, après avoir traîné, (mon gynéco était parti à la retraite et à chacun de mes appels à l’hôpital (St Herblain 44) le standard était surchargé). J’ai un rendez-vous dans 6 mois. Si on m’annonce que mon problème a dégénéré vers un cancer du col, je serais très amère ! Mais je n’ai pas d’autre solution, hormis aller voir un généraliste ce qui me gêne profondément. Surtout s’il est un homme et si il ne fait jamais ce genre de consultations...Il me reste la solution des urgences, mais ce n’est pas logique ! »
« Le médecin généraliste m’a proposé de me servir de gynécologue pour les questions courantes : je suis très inquiète de cette tendance et je n’ai aucune envie d’être suivie par le généraliste. Il n’a jamais le temps, son cabinet est assez exposé, pas du tout confortable et pas assez isolé, je ne sais pas comment je ferais un suivi gynécologique régulier s’il n’y avait plus de gynécologues. »
« J’ai dû avancer tous les frais de mes examens... »
« J’ai dû avancer tous les frais de mes examens gynécologiques : mammo, écho etc.... car j’étais aller directement voir ma gynéco sans passer par un médecin traitant. J’attends de voir ce que la SECU et ma mutuelle vont me rembourser...C’est scandaleux, peu de femmes connaissent ces nouvelles dispositions. » « Des femmes jeunes à qui on a posé un stérilet ne consultent plus régulièrement. Conséquence : elles se retrouvent avec des fibromes « gros comme des œufs ».