2007

2007/06/15- Lettre à Mme Bachelot

de
-  CDGM

à
-  Madame Roselyne Bachelot-Narquin Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports 8, avenue de Ségur 75007 Paris

Paris, le 15 juin 2007

Madame la Ministre,

Vous êtes aujourd’hui en charge de la santé des femmes et des hommes de ce pays dans le gouvernement qui vient d’être formé, et nous faisons appel à vous sans attendre. Car est-il besoin de vous présenter la cause pour laquelle nous nous adressons à vous, celle de la gynécologie médicale ? C’est la connaissance que vous avez de ce dossier qui nous autorise, pensons-nous, à formuler auprès de vous dès aujourd’hui une demande d’audience. Nous n’avons pas oublié le soutien que vous avez apporté à notre action, action que nous menons depuis une dizaine d’années maintenant, pour que les femmes puissent continuer à bénéficier de la gynécologie médicale, c’est-à-dire du suivi particulier, indispensable pour leur santé, que seuls peuvent assurer les gynécologues médicaux. Ce soutien, vous vous le rappelez, vous nous l’aviez accordé notamment au cours de la conférence de presse organisée par notre comité en 2002, au moment où les pouvoirs publics avaient peine à entendre la voix de plus de 2 millions de femmes qui demandaient le rétablissement d’une spécialité supprimée en 1987. Depuis, notre combat commun a eu pour aboutissement, vous le savez, la création du diplôme de Gynécologie médicale le 1er février 2003, par décision de M. François Mattei, alors ministre de la santé. Cependant, malgré cette expression concrète d’une volonté politique, qui a donné à des millions de femmes l’espoir que les choses allaient enfin changer, les problèmes, quatre années après la création du DES de Gynécologie médicale, sont loin d’être réglés. Tout d’abord, en effet, cette spécialité ne dispose pas, au contraire des autres spécialités, d’une organisation universitaire qui permette sa pérennité, et le nombre de postes qui lui ont été attribués chaque année est dramatiquement insuffisant en regard des besoins de santé des femmes : 20 postes seulement par an, alors qu‘il en faudrait au moins 139 pour le simple renouvellement des effectifs des gynécologues médicaux actuellement en exercice. A cela vient s’ajouter le fait que, depuis 2005, la liberté des femmes d’accéder directement à leur gynécologue médical a été supprimée, puisque, dans de nombreux cas, il leur faut passer par le médecin traitant sous peine d’un remboursement moindre.

Nous n’avons cessé, pour notre part, d’alerter le ministère de la santé quant à la situation extrêmement préoccupante pour la santé des femmes qui en résulte.

M. Nicolas Sarkozy, sollicité par nous comme chacun des candidats à l’élection présidentielle, nous a adressé une réponse claire : « Je suis tout à fait conscient, nous écrit-il notamment, qu’il y a trop peu de gynécologues médicaux formés en France depuis de nombreuses années. Or cette profession a un rôle crucial dans la prévention des maladies graves de la femme, l’information en matière de contraception et l’accompagnement des grossesses. » Aussi souhaiterions-nous vous rencontrer, si vous le voulez bien, afin qu’en nous écoutant vous puissiez trouver des solutions à cette situation, déjà très inquiétante à notre sens aujourd’hui. Car si elle perdurait, elle aurait des conséquences dramatiques et irréversibles pour la santé des femmes, et tout particulièrement celle des jeunes filles, qui ne peuvent accéder aux consultations de gynécologie médicale et sont ainsi privées d’un suivi essentiel pour elles, faute des médecins spécialistes qui leur seraient nécessaires.

Nous vous remercions à l’avance pour l’attention que vous voudrez bien porter à notre demande, et, dans l’attente d’une réponse de votre part que nous espérons proche, car nous savons les femmes extrêmement inquiètes, pour elles-mêmes et pour leurs filles, nous vous prions de trouver ici, Madame la Ministre, l’expression de toute notre considération.

Les coprésidentes,

Docteur Jacqueline Blanchin, Mme Claude Groussin, Mme Noëlle Mennecier, Mme Marie Stagliano.



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