2008

2008/01/18 - Lettre à M. Sarkozy, Président de la République

Paris, le 16 janvier 2008

Monsieur Nicolas Sarkozy,

Président de la République

Palais de l’Elysée

55, rue du Faubourg Saint Honoré

75008 Paris

Monsieur le Président de la République,

Le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale, créé en 1997 par des femmes de toutes opinions et des gynécologues pour empêcher la disparition de cette spécialité médicale, s’est adressé à vous, alors candidat à la présidence de la République, pour vous alerter sur les risques que constitue, aujourd’hui, pour la santé des femmes, la diminution dramatique du nombre de gynécologues médicaux.

Nous nous permettons de vous rappeler les termes de votre réponse, dans un courrier que vous nous avez adressé le 19 avril 2007 :

« Je suis tout à fait conscient qu’il y a trop peu de gynécologues médicaux formés en France depuis de nombreuses années. Or cette profession a un rôle crucial dans la prévention des maladies graves de la femme, l’information en matière de contraception et l’accompagnement des grossesses. On ne peut laisser les listes d’attente des consultations des médecins encore en exercice s’allonger. C’est pour cela que, dès 2003, la majorité a agi en instituant une spécialité de gynécologie médicale. Aujourd’hui, je sais que, pour faire vivre cette spécialité, il faut des enseignants, des praticiens hospitaliers et suffisamment de places proposées en internat pour les élèves qui souhaitent s’engager dans cette profession ; si je suis élu Président de la République, je ferai en sorte qu’une véritable filière de formation universitaire soit mise en place, passant évidemment par la création de postes de professeurs pour former les futurs gynécologues dont nous avons besoin. »

Monsieur le Président, Nous avons, depuis, rencontré par deux fois des conseillers de Mme Bachelot, tout d’abord M. le professeur Matillon, puis M. Perrin, directeur adjoint, qui nous ont écoutées avec un grand intérêt. Nous avons, au cours de ces entretiens, fourni à chacun tous les éléments à l’appui de notre demande pressante que soit augmenté le nombre de postes d’internes, nous avons exposé les données du problème et les conséquences dramatiques pour les femmes qu’entraînerait la disparition progressive de ces spécialistes. Nous avons renouvelé notre demande d’une décision politique d’augmentation du nombre de postes et de constitution pérenne de la filière de gynécologie médicale. Et nous avons chaque fois réitéré notre souhait de rencontrer Mme la Ministre pour lui exposer de vive voix nos inquiétudes qui sont celles de millions de femmes. Depuis, nos demandes de rendez-vous restent sans effet. Or nous venons d’apprendre que dans quelques jours se réunira l’organisme chargé de décider du nombre de postes d’internes à former pour l’année 2008.

Monsieur le Président, Si rien n’est fait, il n’y aura plus en 2010, c’est-à-dire dans deux ans, que 1100 gynécologues médicaux... 1100 médecins pour 30 millions de femmes en âge de consulter ! Ce progrès, cet acquis de civilisation, qu’a représenté l’instauration de cette discipline pour les femmes serait ruiné. Ce serait un véritable bond en arrière. Aussi vous demandons-nous de bien vouloir intervenir pour que nous soyons entendues sur des problèmes que vous avez, vous même, considérés comme importants, et qui concernent la moitié de la population de notre pays.

Souhaitant vivement votre compréhension et dans l’attente d’une réponse de votre part, que nous nous permettons d’espérer proche, nous vous remercions pour l’attention que vous pourrez porter à notre demande. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Les coprésidentes du CDGM,

Claude Groussin

Noelle Mennecier

Marie Stagliano



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