2009

2009/01/28 - Lettre aux députés et aux sénateurs

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Nous nous adressons à vous au nom des millions de femmes qui, depuis des années, veulent préserver pour elles et pour leurs filles l’accès libre et direct aux consultations de gynécologie médicale, indispensable à leur santé. Aujourd’hui cette spécialité se trouve à nouveau en danger, et par conséquent la santé des femmes, et nous souhaiterions à cet égard attirer votre attention sur le fait qu’elle doit rester préservée dans le projet de loi HPST, projet de loi qui va vous être soumis très prochainement.

Quelle est la situation ?

-  La spécialité de gynécologie médicale, spécificité française, a été supprimée en 1986 (Réforme de l’Internat) et recréée en 2003 à la faveur d’une forte mobilisation populaire.

-  Depuis, 20 internes seulement sont nommés par an ( il en était formé 130 avant 1986).

-  Les nominations actuelles sont très insuffisantes pour répondre aux besoins des femmes, à l’hôpital et en ville : 2 à 6 mois d’attente pour un rendez-vous, avec comme première conséquence la perte de chances de diagnostic précoce.

Les bons résultats de la Gynécologie Médicale en France

La France était jusqu’à maintenant à la pointe de la qualité des soins dans ce domaine. La première raison en étant le suivi médical régulier assuré depuis plusieurs décennies par les gynécologues médicaux.

La gynécologie médicale, c’est essentiellement la prévention, le dépistage précoce des cancers féminins permettant d’éviter les interventions chirurgicales lourdes ; c’est le dépistage des MST aujourd’hui en recrudescence et responsables de stérilités ; c’est l’éducation, la prévention de grossesses non désirées, la contraception, l’IVG.

Les résultats le prouvent :

-  Le nombre d’hystérectomies (ablation chirurgicale de l’utérus) est le plus faible au monde.

-  La survie après cancer du sein est l’une des meilleures au monde.

-  Grâce à cette gynécologie de proximité à laquelle £ 60% des femmes ont jusqu’à présent accès librement, le cancer du col est l’un des plus rares et des mieux traités en Europe.

-  A la ménopause les Françaises disposent du meilleur traitement hormonal qui leur apporte la meilleure qualité de vie, sans effets secondaires.

Conséquences de la pénurie de moyens

-  Mise en danger de la vie des femmes : retards au diagnostic . « Nous allons revoir des gros cancers ! ». Ce sont les jeunes le plus en danger, faute d’un nombre suffisant de gynécologues médicaux : ceux qui sont encore en exercice, débordés, ne peuvent plus prendre de « premières fois ».

-  Augmentation des IVG chez les jeunes filles de moins de 19 ans, exclues de l’information et des circuits gynécologiques.

-  Augmentation immédiate des coûts de la santé (retards aux consultations, multiplication d’examens superflus...)

Une mobilisation populaire sans précédent :

-  3 millions de signatures sur la pétition du Comité de Défense de la Gynécologie Médicale

-  3 manifestations nationales.

C’est plus de la moitié de la population française qui est concernée.

Il s’ agit d’une question de santé publique.

Ce que nous demandons :

-  L’inscription dans la Loi HPST d’ un accès libre et direct, sans pénalité, aux consultations

de gynécologie.

-  L’augmentation significative du nombre de postes d’internes,

ainsi que la création de postes de Chefs de Clinique et d’Hospitalo-Universitaires.

Que répond Mme la Ministre ?

Mme la Ministre à ce jour n’a pas répondu à notre inquiétude concernant l’accès libre et direct des femmes au gynécologue, dont nous craignons qu’il ne soit remis en cause par le projet de loi HPST.

Le silence de Mme la Ministre, concernant ce droit essentiel pour les femmes, rend encore plus vive notre inquiétude.

Les dispositions concernant le médecin traitant et l’offre de soins étant exposées dans l’article 14, Titre II, de ce projet, il nous semble indispensable de faire figurer clairement ce droit dans cet article du texte de loi afin que les femmes puissent continuer à bénéficier du suivi régulier assuré par les gynécologues médicaux, et cela sans pénalité.

Car si ces spécialistes sont complémentaires tant des généralistes que des gynécologues obstétriciens, ils contribuent tout particulièrement, les chiffres le montrent, à la qualité et au progrès des indices de santé concernant les femmes en France.

Non, la gynécologie médicale n’a pas « changé de sens ».

Elle reste une spécialité irremplaçable, qui occupe de plus, ce sont les femmes elles-mêmes qui le disent, une place particulière de par la nature même de la consultation, de l’ordre de l’intimité, de la pudeur.

C’est aussi la raison pour laquelle elle ne peut être réduite à une « ressource rare ».

La consultation de gynécologie médicale doit rester directement accessible à toutes les femmes, notamment aux jeunes filles, sous peine d’une régression grave pour leur santé.

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Parce que nous sommes convaincues que la santé des femmes de toutes générations vous tient à cœur, nous nous adressons à vous pour vous demander votre soutien,

et plus précisément aujourd’hui, de signer ou soutenir un amendement allant dans le sens de notre demande lorsque vous sera soumis le projet de loi HPST.

En permettant ainsi à toutes les femmes et à leurs filles de continuer à consulter librement et directement leur gynécologue, vous permettrez que soit préservée la santé des femmes, les femmes d’aujourd’hui et de demain. Nous vous remercions pour l’attention que vous voudrez bien porter à nos demandes, et nous vous prions de trouver ici l’expression de toute notre considération.

Le Bureau du CDGM

Paris, le 28 janvier 2009