2009

2009/05/25 - Lettre aux sénateurs

Madame le Sénateur, Monsieur le Sénateur,

Au moment où vous examinez le projet de loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires », nous souhaitons attirer à nouveau votre attention sur les préoccupations qui sont les nôtres concernant la santé des femmes.

Nous nous félicitons d’avoir été entendues par la Commission des Affaires Sociales : l’adoption, le 4 mai, d’un amendement au texte de la loi HPST donne aux femmes la garantie qu’elles pourront continuer à accéder directement sans pénalité aux consultations de gynécologie médicale, condition du suivi médical qui leur est indispensable tout au long de leur vie.

Des sénateurs de toutes sensibilités ont eu à cœur d’inscrire dans la loi ce droit à consulter librement le gynécologue, confirmant ainsi qu’il s’agit bien d’une question de santé publique.

En adoptant cet amendement, la Commission des Affaires Sociales a réaffirmé la spécificité de cette discipline, la spécificité du dialogue singulier entre les femmes et leur gynécologue, qui est pour beaucoup dans les bons résultats de notre pays en matière de guérison du cancer du sein et de traitement, sans mutilation, des cancers de l’utérus, comme le montrent toutes les statistiques.

Nous souhaitons que le Sénat confirme la décision de la Commission et préserve, par la garantie du libre accès, l’existence de cette spécialité médicale irremplaçable et, pourtant, menacée.

En effet, pour que ce libre accès soit effectif, il faut aussi que les femmes trouvent facilement les spécialistes dont elles ont besoin.

Or, vous le savez, le nombre des gynécologues médicaux, notamment en raison du retard dû aux dix-sept années d’interruption de la formation, est cruellement insuffisant.

Alors que 60 internes pourraient être formés chaque année depuis 2003, le gouvernement, malgré ce retard et en dépit des promesses, limite à 20 le nombre de postes.

-  Ainsi, en 2010, il ne resterait plus que 1000 gynécologues médicaux pour près 30 millions de femmes en âge de consulter.

Nous craignons que, au lieu de créer les postes nécessaires, le ministère n’entende répondre à ce besoin criant en transférant les missions des gynécologues médicaux, médecins spécialistes, à d’autres professionnels de santé.

C’est, à notre avis, le sens de l’amendement (n° 453) modifiant l’exercice de la profession de sage-femme et qui prévoit que « L’exercice de la profession de sage-femme peut comporter également la réalisation de consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention, sous réserve que la sage-femme adresse la femme à un médecin en cas de situation pathologique. »

Qui, sauf un médecin formé dans ce but, peut identifier une « situation pathologique » ? Pourquoi les sages-femmes, si nécessaires dans les maternités, si compétentes pour accompagner les grossesses et les accouchements, et alors qu’elles ont ainsi déjà beaucoup à faire, se verraient-elles chargées des consultations de contraception et de suivi gynécologique, ce qui n’est pas leur métier ?

Rappelons que la gynécologie médicale, depuis des décennies, assure, grâce à une formation médicale spécifique, le suivi des femmes de la puberté jusqu’au plus grand âge, leur équilibre hormonal, la prévention et le dépistage précoce des cancers féminins, la prévention et le dépistage des maladies sexuellement transmissibles, l’éducation à la contraception, la prévention des IVG, la prise en charge des stérilités du couple.

Madame le Sénateur, Monsieur le Sénateur,

Nous faisons appel à vous pour confirmer la nécessité de la gynécologie médicale, en réaffirmant le libre accès à cette spécialité, à laquelle toutes les femmes sont attachées et qu’elles veulent voir pérenniser pour leurs filles et leurs petites-filles : il s’agit de la santé et de la vie de plus de la moitié de la population, et de celle des générations à venir.

Nous vous remercions pour votre attention et nous vous prions de trouver ici, Madame le Sénateur, Monsieur le Sénateur, l’expression de toute notre considération.

Le Bureau du CDGM