2009

2009/06/23 - Conférence de Presse au Sénat - Interventions diverses

Florence Coussy : Présidente de l’Association des Internes de GM.

Le DES de gynécologie médicale a été recréé il y a 6 ans, donc beaucoup d’années sans formation de GM. Cet internat nous apporte une formation de qualité pour le suivi et le traitement de la femme à tous les âges de la vie. Formation sur 4 ans avec des stages très adaptés que ce soit en endocrinologie, procréation assistée, sénologie...

Les GO ont au moins 1 an1/2 de chirurgie, ils ne sont pas formés dans des services médicaux mais lors de stages d’obstétrique.

-  Actuellement 73 internes dans toute la France en novembre 2008 : c’est très peu.

-  Jusqu’en 2008 il y avait 20 internes nommés en France en gynécologie médicale par an, versus 155 obstétriciens.

-  Pour ce qui est des sortants : 10 en 2007, 11 en 2008, 15 cette année. Cela va augmenter mais on reste dans les dizaines. C’est très peu.

-  Pour la demande de formation : les externes sont très motivés (ce sont les étudiants qui passent l’internat.) ; on les rencontre sur les forums mais le problème c’est qu’il n’y a que 20 places par an !

-  Le classement : en 2007 pour plus de 4000 étudiants internes, les postes sont pris dans les premières places (classement entre 400 et 1100). Les détracteurs de la GM disent souvent que les internes qui prennent la GM, sont ceux qui ne peuvent pas prendre autre chose. Encore un mensonge. C’est faux comme le démontre ces chiffres.

En 2009, il y aura 7 internes nommés en plus dans la spécialité de gynécologie médicale : Cela fait 27 postes en tout !

-  Pour les postes de chefs de clinique : il y aura toujours des installations en ville mais la formation universitaire avec la nomination de PH et PU- PH reste indispensable pour pérenniser notre spécialité.

-  Il est important de continuer et développer la recherche dans le domaine de la gynécologie médicale comme pour toute spécialité, pour l’avenir de la cette spécialité.

Simone IFF, une des fondatrices du Planning Familial :

« Maintenant il faut voir comment dénoncer et mobiliser les femmes. C’est vraiment dur de vieillir dans ce pays, car finalement depuis les décrets de 67, puis 73, la loi Veil, on est toujours en train d’empêcher les femmes de devenir des hommes, de se prendre en charge. Il y a comme une sorte de malédiction. Chaque année, de nouvelles filles abordent la contraception, et tout ce suivi médical. Avec la gynécologie médicale on se disait qu’on avait justement trouvé quelque chose en plus de nos centres de planification et d’ éducation que l’on avait, au début, bricolé avec toutes nos capacités de militantes. On sentait que l’on s’insérait dans le réseau médical. On essaie de décapiter. Moi, je suis comme madame la professeur, ( il s’agit d’ Anne Gompel)dans une colère profonde. Il nous faut revoir les femmes, refaire des signatures, des manifestations. La parole est à l’action, à la coordination.

Lorsque madame Malvy m’a téléphoné au début de votre action, je lui ai dit « bien sûr que je vous soutiens ! » Vous avez su amplifer et mettre dans la loi, le diplôme. Il fut un temps, ce fut le planning qui faisait de la formation, mais c’est incroyable que ce soit une association privée qui fasse de la formation médicale. C’est une régression.... Courage, toutes ensemble. »

Geneviève Couraud : trésorière confédérale du planning familial (MFPF).

Il était important pour nous, MFPF, d’être présentes ici aujourd’hui. Je suis venue, comme l’a si bien dit déjà Simone IFF, vous apporter notre soutien. Ce n’est qu’hier que nous avons pris connaissance de votre appel. Nous vous remercions des indications que vous nous avez apportées.

Nous nous connaissons bien, même si notre chemin est un peu « à côté » du vôtre et parfois en contradiction avec lui, mais sur le fond du combat pour la santé des femmes, nous sommes pleinement en accord avec vous. La régression terrible que nous connaissons aujourd’hui sur ce sujet nous oblige à continuer à nous battre, alors que nous pensions les choses gagnées.

Vous vous rappelez ce pourquoi nous nous sommes rencontrées cet hiver avec Madame TERRADE et d’autres personnes que je salue et qui sont ici aujourd’hui : cela concernait la coupe drastique de nos subventions de titre 1, attribuées aux EICCF (conseil conjugal et familial), le cœur de notre métier, et qui a mobilisé tant de monde en peu de temps (141 000 signataires de notre pétition en ligne).

Nous avons alors compris que beaucoup de gens partagent les objectifs du combat que nous avons incarné.

Ce qui m’a frappée, parmi les propos qui ont été tenus, et Madame BORVO en a également très bien parlé, c’est ce que vous avez dit concernant les femmes pauvres, issues de milieux défavorisés.

Je viens de Marseille ; il y a dans certains quartiers des femmes qui sont dans des situations médicales préoccupantes, loin de tout dépistage, de tout soin. La pauvreté financière se double d’une pauvreté de connaissances. Une gynécologue médicale me décrivait récemment des situations que, d’après elle, on n’avait pas vues depuis des dizaines d’années, même à Marseille qui est une ville pauvre : 1 habitant sur 3 vit sous le seuil de pauvreté, et il s’agit pour la plupart de femmes avec des enfants, et donc les femmes y sont au premier rang de la pauvreté. On voit par exemple des jeunes femmes arriver à l’hôpital pour accoucher, qui n’ont jamais vu un médecin ou une sage-femme, avec des situations d’accouchement non préparé qui peuvent mal se passer.

Vous connaissez le travail et les combats que mène le planning familial depuis plus de 50 ans, je ne vais pas revenir dessus. Nous sommes simplement présentes ici aujourd’hui à vos côtés, pour vous dire que, si vous le souhaitez, nous sommes prêtes à faire une action avec vous : prenons le temps d’en discuter ensemble.

Mme Borvo , sénatrice du groupe CRC

Odette Terrade et moi-même, sommes depuis longtemps engagées avec vous. Nous le serons aussi longtemps qu’il le faudra. Je me souviens d’une époque où Madame Bachelot venait défendre la gynécologie médicale ici même. Cela me fait sourire ,mais en même temps, je trouve cela triste car on pense que des engagements sont sincères, durables chez les gens et malheureusement on s’aperçoit que selon les intérêts.... A l’époque c’était un gouvernement de gauche et Madame Bachelot était dans l’opposition. Elle se faisait évidemment fort d’obtenir quelque chose alors qu’aujourd’hui...

Mais revenons sur le problème qui nous préoccupe aujourd’hui, car il y aurait beaucoup à dire sur la loi Bachelot, plus généralement. Il est absurde de vouloir faire des économies en matière de gynécologie médicale, le chiffrage qui a été avancé en la matière me semble être des plus douteux. Le résultat du médecin référent, il faut être honnête, c’est que beaucoup de personnes modestes, consultent en général difficilement des spécialistes. Passer par le médecin référent, c’est déjà une démarche pas simple. Si en plus, il faut aller voir le médecin référent et ensuite aller chez un spécialiste ... Finalement cela constitue une démarche encore plus compliquée, et plus coûteuse, car il faut faire l’avance des frais chez la plupart des médecins libéraux.

Evidemment, on peut considérer le fait que certaines femmes soient découragées par de telles procédures et ne vont plus voir un spécialiste soit une économie. Mais en est-ce vraiment une ? Si c’en est une, elle se fait au détriment de la santé des patients et plus particulièrement des plus modestes. Et ce, pas seulement pour la gynécologie médicale.

Concernant cette dernière, vous connaissez le problème aussi bien que moi. La gynécologue médicale, c’est un médecin généraliste de la femme, une spécialité spécialiste de la femme. Passer par le médecin traitant a, dans ce contexte, quelque chose d’absurde. On connaît certaines pratiques, on sait que des médecins voient quelques fois leur intérêt immédiat et ne vont pas adresser les femmes au gynécologue médical ,car ils gardent leurs patients. Tout cela est absolument détestable et contribue à une médecine à deux vitesses.

C’est vraiment la logique du pouvoir actuel et de la loi Bachelot qui fait qu’encore une fois les personnes qui ont les moyens pourront consulter. Tandis que la grande masse des femmes, comme d’ailleurs des gens pour d’autres questions, ne vont plus consulter du tout ou moins souvent ou encore vont essayer de bricoler. Sans parler des femmes les plus en difficulté qui, elles ne consultent plus personne...

Et cela constitue vraiment la logique et de la loi Bachelot et de ce qui nous attend lors de la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale. On met au pilori ceux qui bénéficieraient de « niches sociales » en vue de faire disparaître ces dernières mais comme par hasard, on ne parle pas des niches fiscales.

Pour résumer les choses, le combat de la gynécologie médicale, dont je suis partie prenante depuis plus de 10 ans, est un combat exemplaire, car tout a été gagné par la mobilisation, avant et maintenant. Et chaque fois que je rencontre Monsieur Malvy cela me fait de la peine, car je pense à Dominique. A l’époque, nous étions confrontés exactement au même problème, sauf que malgré tout, là, il y avait une logique moins inégalitaire et drastique du point de vue des soins et de la prévention. Aujourd’hui si vous avez de l’argent, vous ferez de la prévention, sinon...

Compte-tenu de la situation je crois qu’il n’y a pas d’autres solutions que de continuer et d’élargir cette lutte comme c’est le cas depuis plus de 10 ans. Les femmes et les hommes qui la soutiennent doivent continuer à la prendre en main. Odette et moi allons demander à nos collègues François Autain et Guy Fischer pour qu’ils interviennent, lors de la séance publique traitant des conclusions de la Commission mixte paritaire. Ils n’obtiendront rien, je ne veux pas que vous soyez déçues parce que c’est bouclé, mais au moins ils évoqueront le problème en séance publique.