Partout dans le monde, ici comme ailleurs, les femmes subissent des violences et sont les premières victimes d’inégalités dans tous les domaines.
Depuis plus de 30 ans, le CDGM porte la voix des femmes pour défendre la gynécologie médicale et demander l’attribution d’un nombre suffisant de postes d’internes dans cette spécialité essentielle à leur santé.
Devant la gravité de la situation, nous avons adressé une lettre demandant une audience à la Ministre de la Santé, Madame Stéphanie Rist.
Lire la lettre
La santé des femmes en danger
2 pour 100 000
En France, il y a actuellement
2 gynécologues médicaux pour 100 000 femmes en âge de consulter.
10
A ce jour, 10 départements ne comptent aucun gynécologue médical.
1 sur 3
1 femme sur 3 de 18 à 24 ans n’a jamais bénéficié d’une consultation gynécologique.
La gynécologie médicale est la médecine spécifique de la femme tout au long de sa vie. C’est une spécialité différente de la gynécologie obstétrique qui, elle, concerne essentiellement la chirurgie et les accouchements et ne gère pas le quotidien.
Cette spécialité est largement plébiscitée par les femmes, qui sont attachées à leur gynécologue médical dans une relation de confiance et d’intimité.
- Contraception normale et contraception des femmes à risques, porteuses d’une pathologie rendant les choix difficiles.
- Prise en charge lors des demandes d’I.V.G. et suivi.
- Problèmes liés à la puberté, problèmes de cycles et de saignements, traitement de la pré-ménopause et de la ménopause, traitement des pathologies bénignes du sein, des pathologies utérines et ovariennes bénignes (hyperplasie endométriale, adénomyose, endométriose, ovaires polykystiques).
- Prévention et diagnostic précoce des cancers génitaux et mammaires et suivi après cancer.
- Education, prévention, dépistage et traitement des maladies sexuellement transmissibles, évitant des stérilités, des grossesses extra-utérines, des FIV, des cancers.
- Questions liées à l’infertilité.
- Questions liées à la sexualité, aux relations dans le couple, à la gynécologie psychosomatique.
Une situation qui s’aggrave
Depuis 2024, le Ministère de la Santé a brutalement réduit le nombre de postes d’internes en gynécologie médicale, limitant la formation de ces futurs spécialistes.
Pourtant le Conseil National de l’Ordre des Médecins ne recense plus que 867 gynécologues médicaux en exercice, en 2025, contre 1 945 en 2007, soit une baisse de 55,5%.
Et en juillet 2025, le Ministère de la Santé annonce ne plus protéger la spécialité, malgré les 17 années de suppression de la formation.
En 1987, le Certificat d’Études Spécialisées de Gynécologie Médicale est supprimé et la formation arrêtée. Des femmes et des médecins gynécologues ensemble vont décider de constituer le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale (CDGM).
Grâce à une mobilisation d’ampleur – le recueil de millions de signatures ainsi que des manifestations nationales –, la spécialité est rétablie en 2003. Mais l’absence de formation pendant 17 années ainsi que le faible nombre de nouveaux gynécologues médicaux formés ensuite ont installé une pénurie grave.
Dans cette situation de pénurie, les actuelles réductions de postes d’internes font craindre que ne s’installe tout à fait une réelle régression pour la santé des femmes, avec des conséquences graves et déjà perceptibles : des délais d’attente avant un rendez-vous de plus en plus longs, entraînant des retards de diagnostic, une impossibilité de consulter, et donc de suivi après cancer, des renoncements au suivi et aux soins, une impossibilité particulière pour les plus jeunes d’avoir accès à ces consultations, etc.
La santé des femmes est un indicateur du degré de civilisation d’un pays.
Il y a urgence à ce que les pouvoirs publics répondent à cette situation et décident d’un effort particulier pour une vigoureuse augmentation du nombre de postes d’internes, nécessaire pour la santé des femmes, qui constituent plus de la moitié de la population.

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