Une histoire de luttes
1930 : Le Dr Félix Jayle fonde la Société Française de Gynécologie (SFG). Il s’agit là d’une volonté déterminée de dissocier obstétrique et gynécologie, avec la conscience déjà que la gynécologie représente l’avenir et en particulier la partie médicale de la gynécologie, destinée à rendre la vie des femmes plus confortable et à diminuer significativement le nombre des interventions chirurgicales potentiellement mutilantes.
1949 : Le Dr Alfred Netter – chef de service à l’Assistance Publique de Paris – crée le premier service hospitalier spécifique de gynécologie médicale (soins et enseignement).
1960 : Création des Certificats d’Études Spécialisées (CES, un programme de formation de trois ans après les études de médecine). Par la suite, jusqu’à 140 gynécologues médicaux seront formés par an.
1997 : La spécialité de gynécologie médicale, spécificité française, a été supprimée en 1986, au prétexte de l’harmonisation européenne des diplômes, dans le silence le plus total.
Considérant que cette suppression fait courir un grand danger aux femmes, le Dr Dominique Malvy – gynécologue médicale à Albi -, avec un groupe de femmes, dont Claude Groussin, décide d’alerter les femmes. Ainsi des gynécologues, dont le Dr Gisèle Jeanmaire, et des femmes se rejoignent et créent le Comité de Défense de la Gynécologie Médicale. Elles décident de lancer une pétition demandant :
- que l’on forme à nouveau, comme il y a 13 ans, des gynécologues médicaux, dont la pratique correspond si bien aux besoins des femmes d’aujourd’hui,
- de garder le droit de les consulter librement.
2000 : 95 comités sont créés partout en France qui organisent la première manifestation nationale : le 25 mars, 1 million de signatures sur la pétition sont portées à Matignon. Le premier ministre, Lionel Jospin, refuse de recevoir la délégation du CDGM. Discours vibrant de Dominique Malvy, fondatrice du CDGM, à l’issue de la manifestation.
2001 : Deuxième manifestation et 2 millions de signatures sur la pétition.
2003 : au terme de 7 années de mobilisation, la spécialité est enfin rétablie. Le Diplôme d’Études Spécialisées (DES) de gynécologie médicale est créé en tant que diplôme spécifique, autonome et à part entière.
2004 : 3 millions de signatures sur la pétition et troisième manifestation, pour que soit garanti l’accès direct des femmes à la gynécologie médicale, sans pénalisation de remboursement par la sécurité sociale. Une délégation du CDGM est reçue au ministère de la Santé pendant la manifestation. La mobilisation des femmes est relayée à l’Assemblée nationale, puis au Sénat, dans une âpre discussion parlementaire.
2005 : La loi sur l’assurance maladie et la convention médicale créent en janvier le « parcours de soins », où l’accès direct aux spécialistes est remis en cause. Cependant, suite au combat de 2004, un décret garantit en novembre un « accès direct spécifique », tout particulièrement pour la gynécologie médicale.
2010 : Assises de défense de la gynécologie médicale, à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris, à l’initiative du CDGM.
Cette année-là, le nombre de postes d’internes attribués à la gynécologie médicale est de seulement 24 postes pour toute la France.
2010 – 2011 : Le CDGM mène ces années-là plusieurs enquêtes auprès des femmes. En même temps qu’elles signent la pétition, les femmes expriment spontanément leur attachement à la gynécologie médicale et apportent des témoignages alarmants sur la gravité de la situation concernant leur accès à la gynécologie médicale.
2013 : Informés par les courriers répétés du CDGM, sénatrices et sénateurs décident de la tenue d’une séance dite de « questions cribles » sur la gynécologie médicale, qui leur permettra d’interroger directement la ministre. Présente, Marisol Touraine est ainsi interpellée par chaque groupe sur la pénurie de gynécologues médicaux et la nécessité de prendre des mesures en termes de postes d’internes pour permettre aux femmes d’avoir accès à ces consultations. Le nombre de postes passe de 30 à 41.
2013 – 2023 : Le CDGM renouvelle année après année démarches et délégations auprès des ministres successifs. Les parlementaires sont de plus en plus nombreux à apporter leur soutien et une centaine de sénateurs et sénatrices signeront ensemble une lettre adressée au ministre. Le nombre de postes d’internes obtenus va croître de manière progressive (avec un recul en 2017).
Jusqu’à 91 postes d’internes en 2023 seront obtenus. Au total, depuis 2003, plus de 1 200 nouveaux gynécologues médicaux et médicales formés ou en formation.
2017 : Pour les 20 ans du CDGM, une Journée est organisée au Sénat.
2023 : Le Diplôme d’Études Spécialisées de gynécologie médicale a 20 ans. Pour marquer cet anniversaire, le CDGM invite à un Colloque au Sénat.