La santé des femmes est un indicateur du degré de civilisation d’un pays. Il y a urgence à stopper ce qui constitue une régression majeure dans le domaine de la santé publique et des droits des femmes.
Et vous, vous en êtes où avec la gynécologie médicale ?

Louise, 17 ans, fait le choix de sa 1re consultation :
J’ai 17 ans et j’ai beaucoup hésité avant de consulter une gynéco. Je ne savais pas à qui m’adresser pour en trouver une en qui je puisse avoir confiance.
J’ai finalement pris rendez-vous chez la gynéco d’une amie. J’avais besoin d’être écoutée et conseillée. J’ai pu poser toutes les questions sur la sexualité que je n’avais pu poser ailleurs et j’ai pu en discuter librement, en dehors du cadre familial. Je suis vite gênée. La gynéco a su respecter ma pudeur.
J’ai pu réaliser que son travail était également de construire une relation de confiance pour m’aider à prendre des décisions en ce qui concerne la contraception et m’accompagner dans la prévention, le dépistage des IST, etc.
La Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale insiste depuis plusieurs années sur l’importance de la première consultation, afin d’aborder tous les sujets, tels que la contraception, l’importance du préservatif, et l’importance également de la sexualité consentie et voulue par les jeunes patientes, le suivi régulier permettant les dépistages et la prévention.
On constate une augmentation de l’incidence des infections sexuellement transmissibles (IST) chez les jeunes de 15 à 29 ans. Depuis 10 ans, le nombre des IST a augmenté de 10% et connaît une explosion sans précédent ces dernières années, avec des conséquences majeures de santé publique à long terme : stérilités, cancers.


Ama, 28 ans, est suivie pour un papillomavirus :
Il y a un an, ma gynéco a détecté la présence d’un virus : le papillomavirus, de plus en plus répandu.
J’avais très peur quand on m’a diagnostiqué cette maladie et seule ma gynécologue a su me rassurer. Je savais qu’elle était spécialisée de par sa formation de gynécologue médicale. Grâce à un bon diagnostic, une opération et un suivi régulier, nous avons pu réagir à temps et éviter l’évolution de ce virus en cancer.
J’ai mesuré la chance que j’avais eue de pouvoir tisser un lien de confiance avec elle. Ça a été, pour moi, l’assurance d’une vraie médecine préventive adaptée à ma vie de femme.
La France est un pays dans lequel le taux d’hystérectomies (ablation de l’utérus) reste un des plus bas au monde, car il existe des alternatives médicales pour éviter certaines interventions chirurgicales, des mutilations inutiles et parfois dangereuses. Le nombre d’hystérectomies est passé de 72 000 à 60 000 entre 2008 et 2019.
Le cancer du col de l’utérus fait aussi partie des cancers de « bon pronostic », avec de bonnes chances de guérison s’il est diagnostiqué tôt. Entre 1990 et 2018, on est passé de 3 990 cas de ce cancer à 2 920 par an avec une baisse régulière de la mortalité (- 44% depuis les années 1980).
Marion, 35 ans, a été diagnostiquée SOPK :
Mes règles se sont arrêtées pendant plusieurs années. Je mettais ça sur le compte de mon activité sportive à haute intensité. En discutant avec une amie – elle-même atteinte d’une douloureuse endométriose prise en charge par une gynécologue médicale – j’ai réalisé qu’il y avait peut-être d’autres explications. Elle m’a vivement conseillé d’aller consulter une gynécologue, inquiète pour moi.
J’ai réussi à obtenir un rendez-vous avec un gynécologue médical. C’est lors de cet entretien qu’il m’a informée que j’étais atteinte du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Le nombre de kystes ovariens était si important qu’il m’était impossible d’ovuler, ce qui perturbait l’ensemble de mon cycle.
Je suis ressortie perplexe de ce rendez-vous. Je suis convaincue que permettre l’accès à un nombre plus important de gynécologues médicaux aurait pu me donner la possibilité d’être mieux informée et prise en charge plus tôt.
Syndrome des ovaires polykystiques, endométriose, adénomyose, ces pathologies gynécologiques complexes nécessitent une bien meilleure prise en charge.
Très souvent, elles s’accompagnent de douleurs récurrentes pouvant aller jusqu’à l’immobilisation de la patiente, une perte de confiance, une profonde perturbation de la vie personnelle et sociale et un stress lié à l’inquiétude de ne pas savoir. Elles nécessitent un diagnostic et une prise en charge pour lesquels les gynécologues médicaux sont particulièrement formés.


Faïza, 49 ans, raconte son suivi tout au long de la vie :
Ma gynécologue me suit depuis 20 ans et j’y tiens. C’est elle qui m’a conseillée pour la contraception, elle qui a posé mes stérilets, elle qui a suivi mes trois grossesses, et c’est elle qui surveille maintenant les risques tels que cancer du sein ou autre.
J’ai partagé avec ma gynécologue des moments d’une grande intensité, parfois difficiles (IVG), puis heureux (accompagnement d’une grossesse).
A chaque instant ce fut une rencontre humaine placée sous le signe de la confiance dans sa compétence et dans les conseils que sa formation et son expérience de gynécologue médicale lui permettent de rendre le plus pertinents possible.
Après 30 ans de stabilité du nombre d’IVG, autour de 220 000 par an, on en comptait 243 623 en 2023, le plus haut niveau de ces 30 dernières années. Et alors que la demande est forte, on assiste à une réduction année après année du nombre des centres d’IVG : 130 centres IVG ont fermé ces 15 dernières années et 353 maternités en 20 ans, dans lesquelles étaient pratiquées les IVG.
L’IVG a été inscrite dans la Constitution en 2024, mais pour que cette liberté soit effective pour toutes les femmes qui le souhaitent, il faut que soient donnés les moyens qui aujourd’hui font défaut. Et parmi eux les praticiens et le nombre nécessaire de gynécologues médicaux, dont le rôle est essentiel pour la prise en charge et l’accompagnement lors d’une IVG.
Anne, 70 ans, est accompagnée pour le traitement de sa ménopause :
Ma gynécologue me suit depuis de longues années. A la ménopause, j’ai pu discuter avec elle de cette période de la vie d’une femme qui reste taboue. Je sentais en moi beaucoup de modifications et j’étais mal dans mon corps. Elle m’a expliqué avec des mots simples ce processus naturel inévitable.
Elle m’a parlé des différents traitements hormonaux de substitution, qui ont beaucoup évolué, et de leur particularité en France puisqu’ils sont conçus à partir d’hormones naturelles.
J’ai souhaité mettre en place un tel traitement, qu’elle a adapté à mon cas et suivi régulièrement. Cela m’a redonné confiance et m’a apporté beaucoup de confort.
La ménopause concerne 14 millions de femmes, et chaque année 500 000 femmes de plus. Soit plus d’un tiers de la population féminine, potentiellement à risque de développer certaines pathologies graves, dont les maladies cardio-vasculaires (première cause de mortalité chez les femmes ménopausées), les cancers, l’ostéoporose… Cela nécessite une prévention et une prise en charge spécifiques, pour lesquelles les gynécologues médicaux sont particulièrement formés.


Alice, 82 ans, raconte son épreuve face au cancer du sein :
J’ai été suivie régulièrement et comme je le souhaitais par ma gynécologue médicale pendant la plus grande partie de ma vie de femme. Alors que j’avais 46 ans, grâce à l’un de ses examens consciencieux, elle a décelé une petite boule profonde au sein.
Elle m’a tout de suite envoyée passer une mammographie et orientée. Quelques jours plus tard, j’étais prise en charge à l’hôpital, puis opérée de mon cancer. Et après la radiothérapie, c’est elle qui en a assuré le suivi. J’ai vécu ce moment – qui aurait pu être très difficile – avec une certaine sérénité grâce à l’attention que ma gynécologue m’a portée et à la continuité des soins.
Ce diagnostic immédiat et cette rapidité m’ont donné toutes les chances. Son soutien, son attention, sa délicatesse ont été très précieux pour moi et m’ont permis de mieux vivre la situation. Depuis, elle continue à me suivre régulièrement d’année en année et je suis en bonne santé.
Le cancer du sein, dont on dénombre plus de 60 000 cas par an, est le plus répandu des cancers féminins et la première cause de décès chez les femmes (12 600 décès observés en 2021). Les diagnostics précoces permettent le recul de la mortalité. En France, grâce au suivi, la survie à 5 ans est l’une des meilleures au monde.